Je vous présente ici, une randonnée particulière. Afin de fêter ensemble le Bicentenaire de la naissance de cet illustre écrivain Normand qu'est Jules Barbey d'Aurevilly, nous avons décidé de lui consacrer une "rando-littéraire". Vous trouverez des citations d'auteurs très différents, ne vous en étonnez pas car en honorant ce grand écrivain j'ai eu envie de saluer certains autres dont les mots ont retenu mon attention.
Mercredi 18 Juin 2008 du côté de Saint Sauveur le Vicomte
Afin d'accompagner la lecture de cette très intéressante randonnée, je vous invite à mettre en route les musiques que je vous propose ici et en bas de page, voici une merveilleuse valse de Strauss... en lisant c'est grisant !
Nous avons répondu à l'appel de Bernard qui nous a proposé de marcher... sur les pas de UN PRETRE MARIE, roman de Barbey d'Aurevilly.
Il est possible que cette rando soit à nouveau proposée, aussi je laisserai le soin à Bernard de dévoiler le moment voulu le choix des textes lus sur son parcours, pour ma part je propose sur ce blog de partir sur les traces de Jules Amédée Barbey d'Aurevilly.
"de l'audace, de l'audace ; en toute occasion, toujours de l'audace". Edmund Spenser.
En Normandie et ailleurs, nous commémorons le bicentenaire de la naissance de Jules Amédée Barbey d'Aurevilly né le 2 Novembre 1808 à Saint Sauveur le Vicomte. Puissiez-vous, grâce à toutes les initiatives qui vous sont proposées dans le Cotentin, découvrir, lire ou relire les oeuvres de cet auteur extraordinaire.
Il se peut que vous rencontriez des erreurs dans mes commentaires, et je vous prierai de m'en excuser (je découvre cet écrivain seulement cette année (oui j'ai des lacunes !) et peut-être serais-je parfois maladroite ou inexacte dans mes propos). Vous pouvez m'écrire cela me permettra d'apporter des modifications ou des corrections s'il en est besoin. Simplement je vous remercie de votre indulgence.
«La veille d'un être humain a toujours quelque chose d'imposant.»
[ Jules Barbey d’Aurevilly ]
Bien que devenu très "people" Parisien en 1833, au fond de son coeur notre auteur est Cotentinois et il va le prouver dans ses mots, dans ses écrits et dans la fidélité des descriptions de lieux ou de paysages que l'on découvre ou redécouvre aujourd'hui... le long de nos randonnées.
Nous avons fait là une jolie et intéressante promenade sous un soleil chaud et réconfortant après ces jours de pluie, un petit vent rafraîchissant nous a accompagné pendant nos 12 Kms de marche. Bernard effectivement avait bien préparé cette première balade du genre, pour nous, ponctuée d'extraits d'une des oeuvres de Jules Barbey d'Aurevilly " Le prêtre marié "
Ecrit vers 1855, terminé vers 1863. Le cadre de ce roman se situe entre Taillepied, Saint Sauveur le Vicomte et Néhou. En résumé, il s'agit d'un homme qui relate, à Paris, une bien sombre histoire qu'il tient de sa nourrice. Un prêtre défroqué Jean Sombreval épouse la fille de son Maître. Celui-ci mourra de honte à la naissance d'une petite fille prénommée Calixte. Sombreval va revenir avec sa fille s'installer dans le Cotentin (dans le château du Quesnoy et du Quesnay dont il ne reste, hélas, que le porche - nous avons voulu le voir sur le chemin du retour de notre rando, photo ci-dessous)
... mais dans la région on n'a pas oublié le passé de cet ancien homme d'église et on ne lui pardonne pas. En grandissant, Calixte est plutôt névrosée et torturée et voudrait que son père retrouve la foi, elle qui a fait le serment de devenir religieuse. Néel de Néhou alors fait son apparition, il aime Calixte qui ne peut accepter cet amour puisqu'elle s'est vouée corps et âme à Dieu, son père alors invente une histoire impossible et lamentable afin de faire fléchir sa fille et lui fait croire qu'il a enfin retrouvé la foi ! Mais rien ne se passera comme l'aurait voulu Sombreval car Calixte découvrira le mensonge de son père qui finalement se noira, Calixte elle, mourra de chagrin quant à Néel il s'enrolera dans l'armée où il mourra 3 mois plus tard....
Afin de laisser à chacun le soin de se procurer ce roman...
" Il y a bien des choses qui ne paraissent impossibles que tant qu'on ne les a pas tentées " André Gide.
Je parlerai donc de cet auteur au mieux de mes possibilités. Voici le plan du parcours que nous avons eu le plaisir de faire mercredi, 12 Kms faits à pas de promenade. Le long de mon petit reportage, je vais intégrer des citations, non pas de Barbey mais d'auteurs très différents les uns des autres, je l'explique en début de page.
"Trouver n'est rien, c'est le plan qui est difficile [...]"
Fiodor M. Dostoïevsky (Les Démons, p.184, in Les oeuvres littéraires de Dostoïevsky, vol. X, Éd. Rencontre)
Nous partons donc du petit parking situé au pied de l'église Saint Jean-Baptiste au coeur de Saint Sauveur le Vicomte et nous nous dirrigeons vers le presbytère qui est une bien belle maison de pierres.
"Dans chaque église, il y a toujours quelque chose qui cloche".
Jacques Prévert (Fatras, Livre de Poche n° 3253, p.12)
Nous parlons un peu de choses et d'autres et Bernard nous montre des cartes postales de Saint-Sauveur ainsi que des gravures de femmes de l'époque qui nous intéresse
" La nudité, c'est pire qu'indécent ! Le vêtement, c'est l'âme humaine ".
Michel Tournier (Le fétichiste, p.309, in Le Coq de bruyère Folio n° 1229)
cela, afin de nous aider à imaginer comment on vivait en ce temps-là et mieux s'imprégner de leurs présences sur les pas de Jules Amédée vers les années 1863... à deux pas du presbytère :
LE RIDEAU CRAMOISI
(aujourd'hui un café bien sympathique). Le rideau cramoisi fait partie de la série "Les Diaboliques". Le roman a été écrit en 1866 et paru en 1874...
Résumé de l'histoire : Nous sommes début XIXe siècle. Un jeune officier vient loger chez un couple de bourgeois, il partage le repas de ce couple austère. Un jour une jolie jeune fille s'installe à la table, il s'agit d'Albertine leur fille qui vient revivre chez ses parents après un certain temps passé en pension. Elle ne le voit même pas, du moins le croit-il ! Un soir pendant le repas Albertine, sans laisser rien paraître d'émotion sur son visage, prend la main de l'officier et effleure son pied. Les parents ne voient rien. Le jeune homme dans sa chambre s'interroge sur ce qui est arrivé à cette jeune fille qui a l'air pourtant triste et timide et il décide de lui écrire. Le lendemain soir, alors qu'elle a reçu son billet, elle joue la parfaite indifférente ce qui attise l'attirance du jeune officier pour Albertine. Puis une nuit elle vient le rejoindre et se donne à lui, elle ose pour cela passer par la chambre de ses parents au risque de les réveiller. Ce manège dure six mois et chaque nuit ils vont s'aimer d'un amour fou. Malheureusement pendant une de leur folle nuit d'amour Albertine meurt subitement dans les bras du jeune homme qui affolé et afin de ne créer aucun scandale, ramène la jeune fille morte dans sa chambre et s'enfuit loin très loin et très vite. Puis il repassera des années plus tard devant cette fenêtre aux rideaux cramoisis, et se souviendra...
"Vers la mort, très chère, nous allons. Tous. En dansant ou en boitant, en riant ou en geignant, peu importe, puisque c'est là que nous allons".
Christian Bobin (La femme à venir, p.48, Folio n° 3254)
Nous nous arrêtons devant la maison natale, celle du grand-oncle de Jules Amédée, nous sommes place Ernest Legrand à Saint Sauveur le Vicomte et nous pouvons lire la plaque commémorative.
"Je sais que ma naissance est un hasard, un accident risible, et cependant, dès que je m'oublie, je me comporte comme si elle était un événement capital, indispensable à la marche et à l'équilibre du monde".
Emil Michel Cioran De l'inconvénient d'être né, in Oeuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1273
Blason de la famille Barbey d'Aurevilly
Cependant, voici la délicieuse maison dans laquelle notre Auteur a vécu jusqu'à 18 ans, la petite propriété est délicatement alignée dans la rue Bottin Desylles et agrémentée d'un ravissant jardin fleuri de roses délicates et odorantes, de nos jours c'est un musée qui nous y accueille.
"Au lieu de se plaindre de ce que la rose a des épines il faut se féliciter de ce que l'épine est surmontée de roses et de ce que le buisson porte des fleurs".
Joseph Joubert (Carnets t.1, p.183, nrf/Gallimard, 1994)
Il fut de retour chez lui en 1864 après une vie trépidante et passionnante qui satisfera les lecteurs de sa biographie.
Comment s'éloigner du village natal de Jules Amédée sans nous rendre au Vieux Château où d'ailleurs le buste aux traits du masque mortuaire de notre grand écrivain, superbe sculpture d'Auguste Rodin
devrait nous accueillir de toute sa Hauteur !!! mais justement... des spécialistes sont en train de lui refaire une beauté !
" Une des choses les plus difficiles dans la vie est de se mettre à la place de l'autre. Nous percevons tout de notre point de vue.
Ce qui est magnifique dans l'art, dans la peinture, dans la musique, dans la sculpture, c'est de deviner tout à coup que les mêmes choses ne sont pas perçues de la même façon ".
Colette Nys-Mazure (Les ombres et les jours, p.39, Stanké, 1999)
Château de Neel et des Harcourt datant des XIe et XIIe siècles il fut assiégé 2 fois pendant la guerre de 100 ans et n'a pas non plus été épargné lors de la dernière guerre mondiale. Ce château comprend : la tour des prisons, le donjon, la tour Chandos haute de 25m carrée etterminée par une maisonnette du XVII, la tour du nord qui est la plus ancienne, la cour est entourée de hautes murailles.
Il domine les marais et la vallée de la Douve, lors de plusieurs randonnées j'ai eu l'occasion de vous parler de la Douve ou l'Ouve qui est un petit fleuve qui prend sa source sur la commune de Tollevast près de cherbourg. Autour du château, de nos jours, des maisons d'habitations et des structures prévues pour l'accueil des touristes, mais il nous faut imaginer qu'auparavant nous étions entourés de marais, ce qui rendait très délicat l'accès à la forteresse ou au bourg.
" J'ai bâti de si beaux châteaux que les ruines m'en suffiraient ".
Jules Renard (Journal (2 juin 1890), p.52, Éd. Robert Laffont coll. Bouquins.)
Sur le blason de la Ville de Saint Sauveur le Vicomte... le château.
Bernard nous entraîne vers le châtelet d'entrée qui va nous permettre d'accéder à la cour basse
en passant sous le logis Robessard du XVe qui a jusqu'en 1989 servi de musée Barbey d'Aurevilly.
Pendant que Bernard nous conte les habitants de cet impressionnante fortification, Lucienne note avec intérêt des informations offertes par l'Office du tourisme
où vous pouvez entrer pour obtenir des renseignements.
" L'amitié se nourrit de communication [...] "
Michel de Montaigne (Essais 1.28, p.265, Folio n°289)
Nous ressortons de la basse cour pour rejoindre le petit cimetière au pied de la muraille
Nous marchons d'un bon pas et apprécions la fraîcheur de l'endroit
" La recherche de l'identité est un voyage initiatique. Celui qui poursuit cette quête doit se perdre pour se retrouver, mourir pour renaître, descendre aux enfers pour revenir à la lumière. Ce voyage ne peut être accompli en groupe. C'est une aventure éminemment individuelle ".
Francesco Alberoni (L'amitié, Pocket n° 4223, trad. Nelly Drusi, p.97)
Le corps du surnommé, ""Connetable des lettres " mort le 23 Avril 1889, sera incinéré puis ses cendres seront transférées du cimetière Montparnasse au pied des remparts du château des Harcourt le 24 Avril 1926.
dans ce petit coin de verdure où son âme repose en paix, peut-être enfin... après tant de révoltes et de tourments !
Tombe de Barbey d'Aurevilly à Montparnasse.
" Vivre et mourir est une source de félicité dès l'instant où l'on affronte seul l'univers. De l'extérieur, il ne faut attendre nul apaisement. Il n'y a point de repos dans les cimetières, et pas davantage en Dieu; aucune magie ne pourrait briser la chaîne infinie des naissances, le rythme de la respiration divine. Mais il existe une autre paix, que l'on ne trouve qu'en soi-même: se laisser aller, ne pas se défendre, accepter la mort, assumer l'existence ".
Hermann Hesse (Klein et Wagner, Livre de Poche n° 4932)
Puis nous reprenons notre chemin, nous écoutons avec attention un extrait du "prêtre marié"
Nous pouvons laisser derrière nous ces tombes dans leur écrin de verdure
pour passer la petite porte il faut penser à baisser la tête afin de ne pas la perdre...
La médiathèque LOUISE READ qui fut sa dernière compagne, après la mort de l'écrivain en 1889 elle conserve son appartement à Paris. En 1909, elle va constituer un comité pour eriger un monument à la mémoire du grand homme. Le buste sera réalisé par A.Rodin (voir ci-dessus).
Louise Read, il la rencontre en 1879
" Être exigeant est une règle de base. Être tolérant est un principe. Veiller sur l'état de l'amitié est un devoir. Penser à l'autre, savoir être présent quand il le faut, avoir les mots et les gestes qu'il faut, faire preuve de constance dans la fidélité, c'est rare ".
Tahar Ben Jelloun (Éloge de l'amitié, Éd. Arléa, p.123 )
Nous ressortons du bourg en passant par des petites rues bordés de jardins fleuris
l'époque est bien choisie nous allons en voir... de toutes les couleurs !
" quand on vit dans les fleurs, on ne pense pas à la boue ".
Philippe Claudel (Les âmes grises, p.247, Stock, 2003)
Nous marchons d'un bon pas, pour ma part c'est un bonheur de retrouver mes randonneurs préférés, j'étais absente longtemps...
" Le temps est le meilleur bâtisseur de l'amitié. Il est aussi son témoin et sa conscience. Les chemins se séparent, puis se croisent ".
Tahar Ben Jelloun (Éloge de l'amitié, Éd. Arléa, p.26 )
Nicole a trouvé un petit oeillet dont le parfum lui rappelle son enfance
" Les questions les plus intéressantes restent des questions. Elles enveloppent un mystère. À chaque réponse, on doit joindre un « peut-être ». Il n'y a que les questions sans intérêt qui ont une réponse définitive "
Eric-Emmanuel Schmitt (Oscar et la dame rose, p.91, Albin Michel, 2002
Les chemins sont superbes, la voie verte géniale et pratique il nous arrive de la prendre quelquefois...
"Entrer dans la nature et inspirer et expirer dans cette nature, et être effectivement et pour toujours chez soi uniquement dans cette nature, c'était cela, il le sentait, le bonheur suprême. Aller dans la forêt, dans la forêt profonde [...] se confier entièrement à la forêt, tout est là, dans cette pensée : n'être soi-même rien d'autre que la nature en personne. Forêt, forêt de haute futaie, des arbres à abattre, tout est là, [...] "
Thomas Bernhard (Des arbres à abattre, trad. Bernard Kreiss, p.218, Folio n° 3028)
nous reprenons notre parcours après avoir apprécié toutes ces fleurs
une lecture... devant une entrée du château de Lude que l'on ne peut voir d'ici mais un peu plus loin au bout du chemin... à quelques pas de là nous nous arrêterons au calvaire du Lude où Sombreval, de retour au pays, a retrouvé Malgaigne qui fut sa nourrice. La vieille fileuse à demi sorcière avait prédit au futur Sombreval qu'il serait un jour propriétaire du Château du Quesnoy et périrait par l'eau.
" Quel plaisir goûtons-nous dans les romans, sinon celui d'assister à ce déroulement d'un destin imaginaire, de contempler dans les premières parties les présages et à la fin les accomplissements, puis de mesurer secrètement leur ressemblance ? Mais nous sommes si peu les amis de nous-mêmes que nous ne cherchons pas à faire pour le seul être réel ce que nous nous plaisons à admirer dans les êtres imaginaires ".
Jean Guitton (Le Travail intellectuel, p.116, Aubier, 1951)
nous allons chercher la suite des lectures...
voici le calvaire du Lude sans le vouloir nous cherchons... le fantome de Malgaigne ?
" Il y a un moment où on est tout seul quand on est arrivé au bout de tout ce qui peut vous arriver. C'est le bout du monde. Le chagrin lui-même, le vôtre, ne vous répond plus rien et il faut revenir en arrière alors, parmi les hommes, n'importe lesquels. On n'est pas difficile dans ces moment-là car même pour pleurer il faut retourner là où tout recommence, il faut revenir avec eux ".
Louis-Ferdinand Céline (Voyage au bout de la nuit, p.328, Folio n°28)
au pied du calvaire nous écoutons le texte choisi qui nous rappellera combien l'on manquait de tout avant...
"ce soir là, au bord d'une eau qui n'était plus même glauque sous ce ciel éteint, et qu'encaissait une gluante argile aux tons verdâtres, Néel vit une petite fille esseulée, n'ayant qu'un jupon semblable à un pagne et une chemise de chanvre dont ses maigres épaules grandissaient les trous... Elle plongeait courageusement une de ses jambes nues dans le gouffre immonde et pêchait aux sangsues, en faisant un appeau aux âpres suceuses de sa chair d'enfant. Elle avait déjà étanché, en se la liant avec du jonc, le sang de son autre jambe, car c'est du sang qu'il faut donner pour avoir de ces bêtes à vendre aux herboristes des bourgs voisins, et pour rapporter à la maison un morceau de pain, qui ne refera peut-être pas le sang perdu...". Extrait du Prêtre Marié de Jules Barbey d'Aurevilly.
On manquait de tout... oui et en marchant, nous réfléchissons là-dessus
" L'idéal économique des bourgeois est d'augmenter indéfiniment le nombre des consommateurs ". Jules Barbey d'Aurevilly.
jolie vue du paysage au loin, les marais de la sangsurière, au travers du feuillage des arbres sombres et majestueux qui nous entourent à cet endroit.
nous repartons
" Est comique le personnage qui suit automatiquement son chemin sans se soucier de prendre contact avec les autres. Le rire est là pour corriger sa distraction et pour le tirer de son rêve ".
Henri Bergson (Le rire, p.102, Éd. P.U.F)
dans les sentiers et les chemins dont nous raffolons mais là franchement Bernard et Lucienne nous ont gâtés, non seulement il nous faut sautiller d'un bord à l'autre mais nous brassons de l'air et écorchons nos bras à éviter les ronces qui nous barrent le passage.
pour finalement apercevoir ce fameux Château de Lude que nous ne pouvions voir côté calvaire tant la forêt était dense, tellement beau en vérité que ma photo lui donne un aspect presque fade ! cette grande demeure dans laquelle on pourrait imaginer un diner sortant de l'ordinaire d "Une histoire sans nom" où l'on divulge quelque secret... Il faut Voir cette propriété car même derrière la grille... on en reste bouche bée !
" Un secret, c'est comme de l'or. Ce qui est beau dans l'or, c'est que ça brille. Pour que ça brille, il ne faut pas le laisser dans une cachette, il faut le sortir dans le plein jour. Un secret, c'est pareil. Si on est le seul à l'avoir, ce n'est rien. Il faut le dire pour que cela devienne un secret" .
Christian Bobin (Geai, p.24, Gallimard NRF 1998)
nous marchons vers de superbes maisons de pierre
des fermes bien sûr aussi
où l'on travaille... bio
" l'homme est un être culturel par nature parce qu'il est un être naturel par culture ".
Edgar Morin (Le paradigme perdu, p.100, Points n°109)
arrêt de lacet oblige !
il commence a faire sérieusement chaud Thérèse nous fait un streap (la pauvre elle qui était partie avec son anorak ! c'est comme ça chez nous lorsque le soleil tape il tape fort), le chemin est magnifique et les fleurs des champs si naturellement belles.
" la vie aussi a besoin de gaieté, à l'en juger par les fleurs des champs, qui sourient tellement mieux que les autres ".
Romain Gary (Clair de femme, p.44, Folio n°1367)
toujours entrecoupée de lectures notre randonnée est une réussite
nous sommes à présent dans un immense verger où sont alignés de très beaux pommiers
" Cette jolie idée de Saint-Pol-Roux que les arbres échangent des oiseaux comme des paroles ".
Jules Renard (Journal (7 mai 1894), p.174, Éd. Robert Laffont coll. Bouquins.)
nous passons sagement mais toujours en papotant car nous en avons des commentaires à faire !
laissons quelques instants notre rando-littéraire, Monsieur d'Aurevilly nous pardonnera, nous avons décidé de goûter aux bonnes choses de la nature... les fraises des bois en l'occurence, Ah, si Calixte avait pu se permettre ce petit plaisir là !! mais nous n'allons pas "réécrire" ce roman ! par contre nous allons prouver comme physiquement nous tenons la forme.
J'ai trouvé ce matin
Tout au fond du jardin
Une petite fraise
Au doux regard de braise.
Il fait froid au dehors
Et la nature dort
Mais la fraise s'éveille
Pour goûter au soleil.
Sa frêle colerette
Incite à la cueillette
De délicieux calins
Aux parfums enfantins.
Le petit fruit sucré
Dans sa robe craquante
M'envoie plein de baisers
Aux akènes croquantes.
Je les attrape au vol
Avant qu'ils ne s'envolent
Les mets contre mon coeur
Pour un peu de bonheur.
Zazou mars 2008 cliquez dans la petite phote de la fraise des bois et vous pourrez ainsi visiter un blog bien sympathique.
Nous arrivons à notre point de départ, quelle jolie balade c'était. Jules Amédée aurait forcément apprécié cette promenade dans les endroits qu'il a tant aimé et que nous pouvons presque sans imagination retrouver dans ses écrits tant les descriptions sont criantes de réalité.
C'est le moment de se prêter les ouvrages que nous ne connaissons pas encore. Il y a tant à lire sur l'écrivain lui-même et si ses romans nous tentent eh bien, laissons-nous tenter... ensuite nous nous retrouverons pour une nouvelle randonnée-littéraire sur les pas... d'un autre personnage ! Voici donc des résumés qui n'engagent que moi...
1851 - Son coeur balance entre Paris et Carteret ! voici une sale affaire, un trio infernal un résumé de l'histoire : UNE VIEILLE MAITRESSE - Ryno de Marigny vivant dans le faubourg Saint-Germain épouse Hermangarde, une très jeune fille. Le couple vient vivre dans le Cotentin. La Vellini l'ancienne maîtresse de Ryno qu'il aime néanmoins et qui ne lui pardonne pas cette union, réapparaît et lui assure qu'il devra piétiner l'amour de la jeune fille pour lui revenir. C'est donc l'histoire d'un amour totalement destructeur, celui de l'amante passée d'âge qui aime d'amour violent et fou Ryno.
1854 - L'ENSORCELEE La lande de Lessay, Blanchelande etc... En fin de guerre de la chouannerie, un abbé soldat tente de se suicider mais il rate et sera blessé atrocement et défiguré, il survivra grâce à une vieille femme à demi-sorcière qui tentera tout pour le garder en vie. Mais durant sa convalescence, des bleus arrivent et devinent qu'il s'agit d'un chouan veulent l'achever mais n'y parviennent pas. L'abbé de la Croix-Jugan en état de pécher mortel retournera cependant à Blanchelande, il vit enre Haut-Mesnil et chez la Clotte une vieille infirme qui a connu l'abbé dans sa jeunesse. Il rencontre Jeanne, mariée mais ensorcellée par un pâtre qui se venge de son mari en lui jetant un sort. Histoire terrible d'amour impossible, elle, aimera a en perdre la vie mais lui continuera de hanter le pays en essayant de finir une messe commencée...
1864 - LE CHEVALIER DES TOUCHES - La Chouannerie. Notre écrivain retrouve ses souvenirs d'enfance à Saint Sauveur le Vicomte et à Valognes. Il regrette l'éducation que l'on donnait avant 1789 il regrette cette culture banie et passée. Mais voici que notre Auteur invente ce personnage plutôt poétique, le Chevalier des Touhes...
1865/1863 - UN PRETRE MARIE
1874 - LES DIABOLIQUES, voici 6 "nouvelles" dont :
LE RIDEAU CRAMOISI - voir ci-dessus.
LE PLUS BEL AMOUR DE DON JUAN - le Comte de Ravila accepte un repas offert par 12 femmes séduites par lui. Il doit conter son plus bel amour. L'innocence d'une grande fille de 13 ans dont il était l'amant, l'accusa d'être par sa faute enceinte. Ne sachant rien des "choses de la vie" elle avoua s'être assise dans le fauteuil occupé par le compte... le résultat n'avait aucun doute pour la jeune personne nullement informée...
LE BONHEUR DANS LE CRIME - drôle d'histoire ! un médecin reçoit un couple superbe. Haute-Claire, escrimeuse en Normandie, croisant le fer régulièrement avec le comte de Savigny. Haute-Claire prend la décision de disparaître, mais le vieux médecin la retrouve servante (lors d'une consultation d'urgence) de la comtesse de Savigny. Il découvre un amour extra-ordinaire qu'il ne peut comprendre, sauf que... la comtesse meurt... empoisonnée ! le médecin ne pouvant rien prouver, Haute-Claire épousera le comte et ils vivront paisiblement heureux !
LE DESSOUS DE CARTES D'UNE PARTIE DE WHIST (ceci est un jeu de carte très prisé à cette époque) mauvais souvenir pour Jules Amédée bien qu'il soit effectivement impossible que l'écrivain puisse avoir un souvenir, en fait le jour de sa naissance : sa mère jouait et après avoir accouché elle retourna à son jeu. La comtesse de Stasseville exhibe un diamant, en fait elle serait la maîtresse d'un Anglais pervers qui lui aurait fourni un diamant mais en prime un poison... pénible pour moi mais si bien écrit.
A UN DINER D'ATHEES - Un dîners, des personnalités, un commande de Mesnilgrand, raconte une maîtresse dont il aurait eu un enfant. Femme d'un autre officiel qui fou de jalousie brisa l'urne contenant le coeur du petit, mais Mesnilgrand avait recueilli le coeur de l'enfant et l'avait confié à un prêtre...
LA VENGEANCE D'UNE FEMME -Nous allons suivre une prostituée à Paris, elle rappelle à l'auteur, quelqu'un. Elle se présentera : duchesse de Sierra-Leone, épouse d'un grand d'Espagne. Il apprendra qu'elle se venge à sa manière en souillant l'honneur de cet époux, époux qui a été si cruel en assassinant l'homme qu'elle aimait d'amour pur et en l'éliminant d'une manière si atroce qu'il est impossible pour elle de survivre à cette atrocité. Elle meurt... à la Salpêtrière après avoir raconté...
1882 - UNE HISTOIRE SANS NOM - décors le château d'Olonde, la Haye du Puits...Quel drame épouvantable entre deux femmes qui s'aiment et jamais ne se sont quittées. Les dames de Ferjol vivent en recluses ! la mère veuve et la fille. Après le départ d'un abbé qu'elles ont hébergé, la jeune fille souffre d'une langueur qui semble venir d'une mauvais sort jeté par cet abbé, en fait enceinte mais ignorante de tout, elle mourra ainsi que l'enfant qu'elle porte de manque de soins, d'amour, d'attention. Aucune aide de la part de la mère haineuse. Isolement, enfermement, folie ou l'on oublie qu'un monde extérieur existe et qu'il pourrait nous ramener soudain à la réalité. Suspence et mystère nous mèneront jusqu'à l'issue (d'un dîner sortant de l'ordinaire - château de Lude... plus haut - où l'on divulguera quelque secret !) où le secret n'aura plus de secret pour presque personne sauf pour ceux qui cherchent à expliquer l'anorexie mentale, maladie dont aurait pu être atteinte cette pauvre jeune fille...
1883 - CE QUI NE MEURT PAS - Décors du château de l'Isle Marie...
TOUS A VOS AGENDAS, TOUS A VOS LIVRES... MERCI BERNARD POUR CETTE FAMEUSE IDEE... MERCI MONSIEUR BARBEY D'AUREVILLY DE VOUS ETRE LAISSE ALLER A ECRIRE !
BONNES LECTURES
BONNES FUTURES RANDONNEES
JE VOUS SOUHAITE UN BEL ETE DANS LE COTENTIN
"il faut toujours semer derrière soi un prétexte pour revenir, quand on part"
Alessandro Baricco (Océan Mer, trad. Françoise Brun, p.177, Albin Michel)
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